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Mafate à pattes, même pour ce dialysé

A 60 ans, Paul-Emilien Gaze vit à Deux-Bras, à Mafate. Depuis 3 ans, il descend se faire dialyser 3 fois par semaine à l’Aurar du Port, parfois en voiture, parfois à pied ! Ce qui n’enlève rien à sa bonne humeur !

Comment organisez-vous vos déplacements pour rejoindre le centre de dialyse du Port ?

Taillé comme un traileur, Paul-Emilien va dialyser contre vents et marées.Je descends jusqu’à Rivière des Galets en 4x4 puis je prends un taxi jusqu’au centre. Les mois où il n’y a pas de 4x4, je descends et je remonte à pied. Parfois j’ai de l’eau jusqu’à la poitrine quand je traverse la rivière ! Et quand ce n’est vraiment plus possible, j’ai un plan B : un sentier à travers la montagne, que j’ai tracé avec un ami il y a deux ans. On a même ajouté un câble pour se tenir à certains endroits car c’est très dangereux, surtout quand il y a des éboulis. Avant d’avoir créé ce sentier, il m’arrivait de rester chez mes nièces en bas, quand il y avait trop de pluie ou trop de vent. Et maintenant encore quand il y a un cyclone ou une tempête. Mais ce n’est pas pratique car j’ai beaucoup d’animaux chez moi et je ne peux pas les laisser trop longtemps.
Dans ces moments, c’est vrai que ce n’est pas facile…

Vous est-il déjà arrivé de ne pas pouvoir dialyser à cause des intempéries ?

Pour l’instant, je suis toujours arrivé à descendre jusqu’à Rivière des Galets.
En cas de cyclone, l’hélicoptère devrait attendre plusieurs jours avant de pouvoir venir me chercher, ce qui signifie-rait pour moi rester 4-5 jours sans dialyse. J’ai déjà été dans ce cas : je ne me sentais pas très bien, avec beaucoup de potassium, une tension qui monte, mais pas beaucoup de prise de poids. J’utilise beaucoup les herbages et ça m’aide bien. Et puis je bouge beaucoup, je suis très actif. Mais ça reste angoissant. La seule solution, c’est d’attendre que ça passe et de faire encore plus attention à ce qu’on boit et à ce qu’on mange.

Une hygiène de vie irréprochable

« Quand on me demande comment je fais pour venir et re-partir à pied de ma dialyse, je réponds que je suis en forme, parce que je prends soin de moi ! Je ne fume pas, je ne bois pas d’alcool ni de limonades, je suis végétarien, et je prie, affirme fièrement Paul-Emilien. Il m’arrive juste de boire un verre ou deux quand c’est la fête. »

Avez-vous envisagé la dialyse à domicile ?

Paul-Emilien avec son sourire et Sabine, son infirmière au centre de dialyse.Oui, je suis en train d’agrandir ma case. Comme ça, j’aurai de la place pour faire la dialyse à domicile et ouvrir un gîte / table d’hôte. Quand les travaux seront presque terminés, je commencerai la formation pour la dialyse à domicile (4 à 6 semaines, NDLR). J’ai une amie qui m’aide beaucoup et s’oc-cupe de moi : elle suivra la formation aussi et restera avec moi quand je dialyserai.
Là je suis déjà en auto-dialyse, c’est plus pratique, car je ne suis jamais sûr d’arriver à l’heure. Je suis indépendant, je me branche tout seul, j’ai une salle et une machine pour moi, et les infirmières sont très gentilles avec moi !

Comment arriverez-vous à concilier votre nouvelle activité avec la dialyse ?

J’aime cuisiner ! Et je le fais avec amour. J’utiliserai les produits de mon jardin et avec la dialyse à domicile, je pourrai m’arranger facilement. Et puis je suis musicien, j’ai aussi envie d’organiser des kabars !

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Dernière mise à jour : 9 juillet 2018   ///   Ce site respecte les principes de la charte HONcode. Vérifiez ici.